Vies de Plateau

Communiqué Pour diffusion immédiate

Une incursion au cœur du quartier emblématique de Montréal

Dans sa série d'expositions sur les lieux symboliques de Montréal, Pointe-à-Callière est fier de présenter Vies de Plateau, une exposition qui témoigne de l'enchevêtrement des vies quotidiennes et d'une multitude de vies imaginaires ayant contribué à l'émergence du Plateau-Mont-Royal et à son immense force créative. Vies de Plateau ouvre ses portes au public le 23 octobre et sera à l'affiche jusqu'au 1er septembre 2014.

Reconnu comme l'un des quartiers les plus créatifs en Amérique du Nord, le Plateau-Mont-Royal ne laisse personne indifférent! Il est abondamment fréquenté, aimé et adulé en plus d'être le catalyseur de tous les compliments comme de toutes les critiques. Aujourd'hui, le Plateau est devenu un arrondissement de Montréal qui porte encore en lui la trace de ses origines quand artisans, petits commerçants et journaliers y vivaient et d'où émergea une population inventive aux racines et aux destins bigarrés. Ce n'est pas la culture, mais les cultures qui sont depuis toujours le moteur du Plateau-Mont-Royal.

Densité et diversité
Dans l'exposition Vies de Plateau, le quartier nous est raconté depuis la fin du 18e siècle où les espaces naturels côtoient encore les terres agricoles jusqu'au Plateau d'aujourd'hui, témoin du tissu urbain montréalais éclaté et métissé. Le visiteur, qu'il soit du Plateau ou d'ailleurs, découvrira ou redécouvrira ce quartier qui, grâce à l'inventivité de ses habitants, a vu en moins de 200 ans ses origines rurales se convertir en quartier populaire pour ensuite se métamorphoser en un arrondissement dont la notoriété dépasse nos frontières. Dans une scénographie qui rappelle la densité et la diversité des rues du Plateau, l'exposition présente un portrait du quartier, à travers une centaine d'objets, œuvres de créateurs, documents d'archives, artefacts, photographies et films qui marient le passé au présent.

L'exposition nous convie au tournant du 19e siècle, avant que le Plateau ne porte son nom, vers ces villages qui émergent dans le « haut de la côte » : Côte-Saint-Louis, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Louis-du-Mile-End, De Lorimier. C’est la campagne qui se développe avec la ville fortifiée en contrebas. Antennes du divin, les clochers des paroisses se dressent et assurent la vitalité des valeurs canadiennes-françaises au cœur de la ville. La petite bourgeoisie francophone aisée s’installe autour du square Saint-Louis. Tout au long du 20e siècle, les exilés des campagnes et les réfugiés d’une Europe troublée viennent s’y entremêler. À côté de l’église s’installent church et synagogue et, au milieu du quartier, le ghetto.

Les origines du nom
À l'écrit, le nom Plateau serait apparu la première fois en 1938 dans le Guide Mont-Royal, un hebdomadaire du quartier. La situation géographique du quartier, terrasse au haut de la ville et au pied du mont Royal, serait à l'origine du toponyme. Mais certains prétendent que c'est plutôt à une école, et à un chauffeur d'autobus, que le quartier devrait son nom. À la fin des années 30, le trajet d'autobus de la rue Sherbrooke s'arrête devant le parc La Fontaine, à la hauteur de l'École Le Plateau. Le chauffeur prend l'habitude d'annoncer l'arrêt en criant « Le Plateau! » Le mot se répand, et s'impose pour désigner le secteur au nord du parc. Il faudra attendre 1971 pour qu'il soit officiellement reconnu par les autorités municipales.

La naissance du triplex
Une section de l'exposition aborde le sujet de l'architecture des logements du Plateau. La maison villageoise y a sa place à partir de 1845. Entre 1859 et 1866, le duplex apparaît et se multiplie le long des rues pour y loger les campagnards. Entre 1890 et 1930, la population de la ville ayant quadruplé de façon fulgurante, le triplex et ses escaliers extérieurs s’imposent dès lors dans le paysage du Plateau. Le plex du Plateau doit sa forme unique à trois facteurs : le feu, les bactéries et le sens des affaires. Un règlement municipal de 1865 qui exige des murs coupe-feu à intervalles de 25 pieds explique l’étroitesse du triplex. L’exiguïté des façades du bâtiment permet aussi de réduire l’exposition au froid et donc les coûts de chauffage. À la suite de la découverte du rôle des bactéries dans la maladie, on prône un aménagement urbain plus aéré, plus humain, où le locataire peut avoir sa place au soleil et cultiver un jardinet devant son logis. Dans les années 1880, Montréal impose le retrait des façades par rapport au trottoir. Les entrepreneurs ont l’idée de placer l’escalier dehors, ce qui laisse plus d’espace au rez-de-chaussée, souvent occupé par le propriétaire. Aujourd'hui, les escaliers du Plateau sont devenus l'un des symboles les plus probants de la ville.

Un foyer de personnalités marquantes
Le Plateau a vu naître ou s'établir de nombreuses personnalités marquantes tant de la vie politique, religieuse, économique qu’artistique et l'exposition leur accorde une large place. Phineas et Stanley Bagg (hommes d'affaires), Léa Roback (féministe), Mgr Ignace Bourget (évêque), Camillien Houde (maire), Joseph Schubert (travailliste), Gérald Godin (poète et politicien) ont été des leaders dont les noms évoquent encore des souvenirs.

Les artistes ne sont pas en reste, si l'on pense à Jacob Segal (poète yiddish), Samuel Gesser (folkloriste) Émile Nelligan (poète), Leonard Cohen (poète et chanteur), pour en nommer quelques-uns, sans oublier le peintre Paul-Émile Borduas. À partir de 1941, celui-ci reçoit ses étudiants et leurs amis à son atelier de la rue de Mentana : Jean-Paul Riopelle, Marcel Barbeau, Fernand Leduc, Claude Gauvreau, Françoise Sullivan et Jean-Paul Mousseau s’y côtoient et c’est dans l'atelier de Borduas, sur le Plateau, que ces futurs signataires du Refus global de 1948 expriment, pour la première fois, leur « sauvage besoin de libération ». Des œuvres originales de Riopelle, Borduas et Barbeau sont ainsi présentées dans l'exposition.

C’est aussi sur le Plateau, en 1968, qu’est présentée pour la première fois au Rideau-Vert la pièce de Michel Tremblay, Les Belles-Sœurs, comme l'illustre, dans l'exposition, le programme du Théâtre de 1968. On y raconte aussi comment Yvon Deschamps, avec Robert Charlebois, Louise Forestier et Mouffe, montent une revue musicale qui fait les annales : L’Osstidcho. Résultats : la chanson et l’humour québécois sont réinventés. Dans les années 1980, danseuses et chorégraphes trouvent leur espace dans l’édifice Balfour à l’angle des rues Saint-Laurent et Prince-Arthur. Anciennement atelier de confection où se sont échinées puis affranchies des centaines d’ouvrières, il devient un lieu de création pour Louise Lecavalier, Édouard Lock et La La La Human Steps, Margie Gillis, Marie Chouinard et bien d’autres.

Lieu d’accueil des immigrants
Le Plateau-Mont-Royal est depuis longtemps reconnu pour être une terre d'accueil. Après la Seconde Guerre mondiale, une vague d’immigration grecque s’installe autour de l’avenue du Parc et donne des couleurs au secteur du Mile-End. La « Petite Athènes » compte bientôt ses restaurants bleu et blanc, ses banques et ses commerces, son association de travailleurs et son cinéma. Le Plateau accueillera également, dans les années 1950, les immigrants portugais qui s’établissent dans le quartier et rehausseront l’espace urbain entre Roy et Rachel, Saint-Urbain et de Bullion en ouvrant des épiceries, des cafés et des rôtisseries. Depuis quelques années, les immigrants français affectionnent particulièrement le Plateau qui, de par sa densité, leur rappelle sûrement les quartiers tout aussi denses de Paris. On surnomme parfois le quartier La Nouvelle-France ou Le Petit Paris!

Depuis 1997, le géant français Ubisoft – producteur, éditeur et diffuseur de logiciels de loisirs interactifs – occupe l’édifice Peck, ancienne manufacture de vêtements bâtie en 1903 par John W. Peck qui employa pendant plusieurs années des ouvriers, pour la plupart de nouveaux arrivants juifs fuyant l'Europe de l’Est. Aujourd’hui, Ubisoft emploie plus de 3000 personnes. Il est un des grands acteurs de la transformation du Mile-End depuis 15 ans, et le sera encore dans le futur puisqu’un nouveau bail le lie à l’édifice et à son quartier jusqu’en 2023.

Les grands parcs du Plateau
On ne peut parler du Plateau sans évoquer ses parcs : que ce soit le parc Jeanne-Mance, le parc La Fontaine, le parc Laurier ou le carré Saint-Louis, chacun évoque un pan de la culture ou de l'histoire canadienne-française de par leur nom. Mais, ils n’ont pas toujours eu cette vocation, ni porté ces noms. Le parc Laurier a été une carrière puis un dépotoir avant d’être métamorphosé en parc en 1925. Le parc La Fontaine, lui, s’appelait autrefois Logan, en l’honneur de celui qui avait vendu ses terres au gouvernement britannique, inquiet de la santé des troupes de la Couronne. Longtemps, les militaires ont fait leurs manœuvres là où les enfants jouent aujourd’hui. Quant au parc Jeanne-Mance, son nom ne sera officialisé qu’en 1990.

Des ruelles de béton aux ruelles vertes
Les ruelles ont leur place dans l'exposition tout comme elles colorent la vie du Plateau : elles se répandent rapidement vers 1880 dans les nouveaux secteurs populaires, dont le Plateau, permettant aux familles d’y installer des hangars pour y entreposer leur combustible. Dans ces ruelles, le voisinage s’affirme. Les balcons s’y font face et sont les témoins de la vie quotidienne. À l’origine, la ruelle est parfois le lieu d’une vie qu’on souhaite cachée, un monde d’écuries, de garages et de hangars de tôle. À la fin des années 1990, les citoyens se réapproprient leurs ruelles et les revitalisent. La première ruelle verte apparaît sur le Plateau en 1997. Aujourd’hui, on en compte plus de trente.

Le retour des anges : de 1909 à... 2014
Comme ailleurs au Québec, le patrimoine religieux fait partie de la réalité du Plateau-Mont-Royal et l'exposition l'illustre avec grandiloquence. Dès 1909, deux anges – L’Étoile de Bethléem et Le Jugement dernier – œuvres de l’artiste religieux Olindo Gratton (1855-1941), ornent la façade de l’église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End sur la rue Saint-Dominique. Olindo Gratton est aussi connu à Montréal pour les treize statues colossales qui surplombent la façade de la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde. En 1978, l’état des sculptures s’étant beaucoup détérioré, elles sont descendues et entreposées par l’archevêché de Montréal. À la suite de la proposition de la Société d’histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal de restaurer et remettre les anges en place, la paroisse réussit à obtenir une subvention du Conseil du patrimoine religieux du Québec et du ministère de la Culture et des Communications pour couvrir la majeure partie des coûts du projet. Le travail de restauration débute en 2010 dans les ateliers du Centre de conservation du Québec pour se terminer en juin 2013. Le Musée a le privilège d'accueillir les sculptures dans le cadre de la présente exposition. Elles retourneront orner la façade de l'église Saint-Enfant-Jésus une fois l’exposition terminée, en 2014.

Une vision céleste du Plateau selon François Quévillon
Pointe-à-Callière est heureux à son tour de contribuer au mouvement créateur issu du Plateau puisque l'artiste en installation et art numérique, François Quévillon, a spécifiquement créé pour l'exposition une œuvre numérique hors du commun. Points de repère est une visualisation du Plateau-Mont-Royal construite à partir de milliers de photographies et de données météorologiques mesurées sur une période d'un an. Une caméra virtuelle gravite, à la manière d’un satellite, autour d’une modélisation du Plateau et le nuage de points qui prête substance aux immeubles s’altère à raison d’une journée par seconde. Ces millions de points convergent pour en faire un paysage animé, telle une image du Plateau venue du ciel.

Une inspiration pour les cinéastes
De nombreux cinéastes se sont inspirés du Plateau et en ont fait parfois un personnage essentiel à leur film. Des extraits d’archives fournis par l’Office national du film du Canada (ONF) permettent d’évoquer le mouvement et le passage des gens qui ont vécu dans ce quartier. Dans ce montage vidéo, des images représentant des rues du Plateau, des parades, des passants, et des enfants jouant dans les ruelles sont mises en parallèle avec des extraits issus de créations cinématographiques inspirées par le Plateau. Aux extraits d'archives de l’ONF s’ajoutent des extraits des films tels que Eldorado, Léolo, L’eau chaude, l’eau frette et Duddy Kravitz. En complément, une sélection de courts et longs métrages de l'ONF sera d'ailleurs disponible pour visionnement sur le site web de Pointe-à-Callière pendant la durée de l'exposition.

Un comité scientifique chevronné
En plus du personnel de Pointe-à-Callière, le Musée a pu compter sur l'expertise d'un comité scientifique chevronné pour réaliser cette exposition sur le Plateau-Mont-Royal : Paul-André Linteau, professeur au département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal; Jean-Claude Robert, professeur émérite au département d’histoire de l’UQAM de 1975 à 2007; et Bernard Vallée, travailleur autonome en démarche d’éducation populaire, en analyse urbaine et en mise en valeur du patrimoine.

À votre tour de vivre la vie de Plateau!
En lien avec cette exposition, le Musée invite le public à parcourir le Plateau-Mont-Royal avec leur téléphone intelligent ou appareil photo pour saisir des scènes de vies du quartier, des lieux, des monuments, en fait tout ce qui attire l'œil du photographe! Les photos doivent ensuite être publiées sur leur compte Instagram en indiquant le mot-clic suivant : #viesdeplateau. Les photographies soumises défileront ensuite sur un écran à Pointe-à-Callière et seront affichées sur la page Facebook du Musée. Des prix de participation seront remis chaque mois.

L’exposition
 Vies de Plateau est réalisée par Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal. Le Musée souhaite sincèrement remercier ses commanditaires : Desjardins, le présentateur de l'exposition, La Société de développement de l'Avenue du Mont-Royal, Bell Média, l'Office national du film du Canada, La Presse et The Gazette.

Le Plateau-Mont-Royal, c'est...
100 000 habitants, un territoire de 8,1 km2 et la plus forte densité de population des 19 arrondissements de la ville. Il est aussi l’arrondissement le plus jeune de la ville, suivant l’âge médian, soit 34,1 ans comparativement à 38,6 ans pour la ville. La délimitation géographique est la suivante : au nord et au nord-est, les voies ferrées du Canadien Pacifique (CP), à l’ouest, l’avenue du Parc jusqu’à l’échangeur des Pins et la rue Université et, au sud, la rue Sherbrooke.

Pointe-à-Callière est subventionné par la Ville de Montréal.