Marco Polo – Le fabuleux voyage

Du 6 mai au 26 octobre 2014

Pointe-à-Callière, cité d'archéologie et d'histoire de Montréal, propose au public une exposition qui le fera rêver et voyager : Marco Polo — Le fabuleux voyage transporte les visiteurs au 13e siècle, de Venise jusqu’en Chine, au cours d'un périple si étonnant et si exceptionnel que l’on en parle encore après plus de sept siècles. Cette manifestation illustre l’immense impact de ce voyage tel que raconté par Marco Polo dans Le Livre des merveilles car ces récits ont permis l'élaboration de la cartographie menant à de grandes explorations autour du globe à compter du 15e siècle. C’est d’ailleurs sous l’influence de cet ouvrage que Christophe Colomb mettra les voiles vers l’ouest pour ouvrir une nouvelle route des Indes et finalement découvrir l'Amérique en 1492. 

Marco Polo, avant le grand départ !

Marco Polo serait né à Venise en 1254 au sein d’une famille de marchands. Pourtant, la famille Polo n’appartient pas à l’élite la plus aisée de l'époque. Par contre, le commerce, elle le connaît bien puisque qu’elle sillonne depuis des générations des mers contrôlées par Venise, jusqu’à Constantinople et même au-delà, sur les rives de la mer Noire. Niccolo et Matteo Polo, le père et l’oncle de Marco, font un premier voyage vers l’Orient et reviennent au bercail en 1269, après avoir rencontré en Chine l’empereur Kubilaï Khan. Le souverain mongol leur a confié la mission de lui rapporter de l’huile sainte du Saint-Sépulcre, de lui ramener 100 prêtres capables de le convaincre de la supériorité de la foi chrétienne, ainsi qu’une missive du Pape. Ils repartent donc pour remplir cette mission, cette fois en compagnie du jeune Marco. Ce dernier ne sait pas, lorsqu’il entreprend ce périple en 1271 à l’âge de 17 ans, qu’il en aura 41 à son retour au pays en 1295. Son voyage durera 24 ans. 

Le fabuleux voyage raconté dans Le Livre des merveilles

Le voyage de Marco Polo représente au-delà de 20 000 kilomètres, essentiellement terrestre à l’aller et maritime au retour. L’exposition permet aux visiteurs de vivre plusieurs haltes de ce périple. Et pour nous guider dans ce trajet, quoi de mieux que Le Livre des merveilles, ouvrage dans lequel Marco Polo nous livre son récit de voyage tel qu’il l’a raconté à l’écrivain Rusticien de Pise alors que tous deux étaient emprisonnés à Gênes de 1296 à 1298. Cet ouvrage est sans doute le plus célèbre guide de voyage jamais écrit ! Paysages, climats, distances parcourues à pied, à cheval ou à chameau, dangers, rites et coutumes, vêtements, faune, flore, fêtes de la cour de l’empereur Kubilaï Khan… Marco Polo décrit tout ce qu’il a observé pendant son voyage, mais aussi ce qu’on lui a raconté et ce qu’il a entendu dire au cours de ses multiples expériences. Ce sont ces souvenirs qui nous guident au fil de la visite de l'exposition.

Marco Polo le téméraire

L'exposition illustre ainsi comment le jeune Marco Polo a sans aucun doute été un être téméraire, courageux, aventureux et à la santé de fer pour réaliser une telle expédition. La traversée des déserts, la présence de brigands, les voies précaires de communications, l’insécurité, le climat et la possibilité de tomber malade ne sont que quelques-uns des obstacles qu'il a dû affronter pour atteindre l’empire de Kubilaï Khan. Ce long périple était extrêmement difficile et dangereux à accomplir au 13e siècle tout comme certains de ces pays sont encore difficilement accessibles de nos jours. 

Pour le plaisir des yeux et de l’âme, des objets magnifiques !

Parmi les quelque 200 artefacts et objets présentés dans l’exposition, certains valent une mention très spéciale.  En premier lieu, mentionnons le plus précieux qui nous vient de la Basilica di San Marco de Venise : un brûle-parfum ou lampe d’influence byzantine transformé en reliquaire du Saint Sang datant du 12e siècle et rappelant, par ses superbes coupoles, la basilique Saint-Marc de Venise. Un splendide bronze – très prisé à la cour de Chine –  du 13e-15e siècles, montrant un barbare dansant, un prêt du Musée Cernuschi de Paris. La soie, un produit oriental de grand luxe, est bien représentée dans l’exposition grâce à de superbes pièces du 12e, 13e et 14e siècles prêtées par le Musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon. Une châsse, ou coffret, qui contenait une relique de saint Thomas Becket en cuivre émaillé, datée du 13e siècle, prêtée par le Musée de Cluny de Paris. Un imposant haut-relief de six pieds de haut montrant la crucifixion du Christ en présence de Marie, de saint Jean et d’anges, 13e et 14e siècles, un prêt du Museo Correr de Venise. Des statuettes de femmes datant de 1279 et représentant des personnages de la cour à l'époque de l'empereur mongol Kubilaï Khan, prêtées par le Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis. De la Cité de la Céramique de Sèvres, plusieurs céramiques en forme de croix ou d’étoile où s’exprime un génie décoratif persan. Il y a aussi des trésors de cristal de roche, d’or ou de jade, véritables merveilles dignes de familles princières, dont une paire de chimères ailées, datant de la dynastie Liao, 10-11e siècles et provenant de la collection Samuel et Myrna Myers à Paris. Sont également exposées des selles de la collection Émile Hermès plus magnifiques les unes que les autres. Deux ont été fabriquées durant la dynastie Qing (1644-1911) et toutes évoquent l’importance du cheval à l’époque de Marco Polo et la richesse de certains cavaliers. 

Objet phare dans la pérennité des périples de Marco Polo, le fac-similé du Livre des merveilles, tel que commandé par Jean sans Peur dans les années 1410-1412 et prêté par la Bibliothèque nationale de France, est présenté dans l'exposition. Des enluminures tirées de ce livre sont présentées tout au long de l'exposition, permettant ainsi aux visiteurs de suivre le trajet de Marco Polo. Parmi celles-ci, il y en a une très évocatrice qui montre Marco à 17 ans, chevauchant entre son père et son oncle, lors du grand départ. L’illustrateur a bien traduit la gravité des adieux. On peut facilement comprendre leurs pensées, à savoir reviendront-ils un jour avec tant de dangers qui les attendent… Fait à noter : Christophe Colomb lui-même a annoté une version du Livre des merveilles et ce précieux document est aujourd'hui conservé à Séville.

Un parcours fascinant sur la Route de la soie

Dès leur entrée dans la salle d'exposition, les visiteurs s’immergent dans la Venise du 13e siècle, notamment grâce à une projection d’Ubisoft. Ils y découvrent l'importance de la prospère cité-État de Venise, sa puissance maritime et commerciale et son rôle dans les échanges entre l’Orient et l’Occident. La Terre, comme on la connaît alors, ne comprend encore que trois continents : l'Europe, l'Afrique et l'Asie. Au fil du trajet, les visiteurs sont transportés d’un lieu à un autre, à la découverte de paysages sublimes dont ceux de la Route de la soie. Marco Polo est d’ailleurs l’un des premiers à explorer cette Route qui a traversé le temps et qui suscite depuis un immense intérêt. Il en rapporte des pierres précieuses dont le lapis-lazuli d’Afghanistan, des épices et du coton de l’Inde, et du jade et des soieries de la Chine. Durant son long séjour en Chine, Marco Polo a pris note des nombreuses inventions de ce peuple et en a rapporté quelques-unes dans ses bagages : qui sait aujourd’hui que ce sont les Chinois qui ont inventé le papier-monnaie et le charbon ?

Depuis Venise jusqu’en Chine, en passant par le monde perse, les steppes mongoles et les rives indiennes, les visiteurs découvrent, comme Marco Polo l'a aussi constaté, le savoir-faire des maîtres artisans d’Europe et d’Asie, et vivent une exploration multi-sensorielle grâce aux fourrures, soierie et lainages qu’ils peuvent toucher ! Leurs sens sont avivés par les parfums d’épices rares provenant des lieux exotiques découverts. Une halte évoquant une très belle mosquée et ses objets évocateurs les accueille à l’oasis de Yazd en Perse. 

Un peu plus loin dans l'exposition, une yourte mongole – modèle d’adaptation et d’hospitalité – est érigée et offre une courte pause aux visiteurs, ainsi que l’occasion d’étudier son aménagement. D'autres lieux exotiques les attendent au cours de leur visite dans l'exposition : la Terre Sainte où l’huile réclamée par Kubilaï Khan est recueillie; l’Arménie et ses troupeaux ; la Géorgie et ses montagnes; la Perse et ses trésors; l’Afghanistan, carrefour de l’Asie; les monts Pamir que Marco Polo est le premier Européen à traverser; et le terrible désert du Taklamakan.

Sur les traces de Marco Polo

Les visiteurs ont aussi l’occasion d’apprécier ce défi lors d’un visionnement d’extraits du film Sur les traces de Marco Polo sorti en 2008 et réalisé par des explorateurs d’aujourd’hui ayant suivi les traces de Marco Polo pendant deux ans. Une expérience fascinante! Denis Belliveau et Francis O’Donnell, deux amis de longue date de Queens, New York, décident au début des années 1990 de suivre les traces de Marco Polo en ayant comme seul guide le compte-rendu des voyages de Marco Polo. Ils accomplissent à leur tour ce long périple à pied, à dos de cheval et par mer. Ces deux gars ordinaires se sont lancés dans un projet extraordinaire que jamais personne n’avait accompli auparavant. 

Un collaborateur précieux

Pour la réalisation de cette exposition, Pointe-à-Callière désire remercier Jean-Paul Desroches, commissaire de l’exposition. M. Desroches a œuvré pendant 35 ans comme conservateur général au Musée Guimet à Paris, en plus d’avoir été professeur pendant 20 ans à l’École du Louvre, à la chaire d’Extrême-Orient. Pour cette exposition, M. Desroches a prêté à Pointe-à-Callière un ensemble d'objets venant de la civilisation mongole. 

Visitez l'exposition avec Jean-Paul Desroches


L’exposition Marco Polo – Le fabuleux voyage est réalisée par Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, et présentée par Domtar. Pointe-à-Callière remercie également les commanditaires suivants : ministère de la Culture et des Communications, ministère des Relations internationales et de la Francophonie, Air Canada Cargo, Tourisme Montréal, Hôtel Intercontinental, Ubisoft, Épices de cru, l’Institut culturel italien de Montréal, l'Ensemble musical Constantinople et La Presse.