Sur les traces d'Agatha Christie

Du 8 décembre 2015 au 17 avril 2016


 

Cette exposition propose une découverte d’Agatha Christie à travers son œuvre, son imaginaire et ses univers dont celui de l’archéologie. Cette exposition se classe parmi les grands événements internationaux qui soulignent le 125e anniversaire de naissance de la célèbre auteure qui a vu le jour le 15 septembre 1890.

Offerte en exclusivité mondiale à Montréal, l'exposition réalisée par Pointe-à-Callière présente au total quelque 320 objets provenant de musées renommés tels le British Museum de Londres, le Metropolitan Museum of Art de New York et le Musée Royal de l’Ontario de Toronto. On y trouve également des objets personnels d'Agatha Christie qui appartiennent encore aujourd’hui à sa famille, et leur prêt est le fruit d'une étroite collaboration avec Mathew Prichard, petit-fils de l'auteure et administrateur du Christie Archive Trust, et John Mallowan, le neveu de son mari Max Mallowan. The National Trust, qui gère Greenway House, l'une des maisons d'Agatha Christie devenue aujourd'hui un site historique, a également collaboré avec Pointe-à-Callière.


La Reine du crime
L’œuvre d’Agatha Christie comprend 66 romans policiers, 6 romans sous son nom de plume Mary Westmacott, 150 nouvelles, 18 pièces de théâtre et 2 livres de souvenirs. Elle est l’auteure la plus traduite au monde, loin devant Jules Verne : ses écrits ont été traduits en plus de 100 langues et publiés à 2 milliards d’exemplaires, seule la Bible et les ouvrages de Shakespeare ont connu un tirage plus important. Surnommée la Reine du crime, elle a également créé des personnages inoubliables tels les détectives Hercule Poirot et Miss Marple, alors que son œuvre colossale a aussi inspiré de nombreuses productions cinématographiques et télévisuelles. 

Une femme hors du commun pour son époque
Par cette exposition, le Musée souhaite faire connaître une Agatha Christie méconnue, une femme imaginative, aux nombreux intérêts, avide de voyages et d’explorations et très ouverte aux diverses cultures. L’exposition propose un parcours chronologique, de la naissance d’Agatha Mary Clarissa Miller à Torquay, dans le Devon, le 15 septembre 1890, jusqu’à son décès en janvier 1976 dans sa résidence de Wallingford, près d’Oxford. C’est Agatha Christie elle-même qui accompagne le visiteur tout au long du parcours, par l'entremise des objets mais aussi à travers certains souvenirs narrés par l’auteure elle-même grâce aux archives sonores auxquelles Pointe-à-Callière a eu accès. L’exposition propose des incursions dans ses diverses maisons dont Ashfield, Winterbrook et Greenway House, sa villa de vacances, ainsi que dans l’Orient-Express, célèbre train qu’elle a emprunté et qui est devenu le théâtre de l’un de ses plus célèbres romans, Le Crime de l’Orient-Express
 
Une passion pour l’archéologie 
Peu de gens savent que le destin de cette femme imaginative et aventureuse est intimement lié à l’archéologie qui a joué une part importante dans sa vie personnelle et professionnelle. Mariée à l’archéologue Sir Max Edgar Lucien Mallowan, Agatha Christie a été témoin d’importantes découvertes entre 1930 et 1960 sur des sites de l’antique Mésopotamie, région historique qui correspond aujourd’hui à l’Irak et la Syrie et où sont nées l’écriture et l’agriculture, entre autres. Elle n’a pas été que spectatrice sur ces sites : en plus de financer certaines fouilles entreprises par son mari, elle nettoyait, classait et documentait les travaux par des photos et des films que l'on peut voir dans l'exposition. Certains artefacts manipulés par Agatha Christie et provenant des chantiers de fouilles gérés par Max Mallowan ou de sites archéologiques qu’elle a visités en Égypte et au Moyen-Orient font partie de l’exposition.

Les objets vedettes
L’exposition présente des objets personnels d’Agatha Christie ainsi que des artefacts provenant de la Mésopotamie et de l'Égypte. Certains d'entre eux, comme ses carnets secrets révélés et analysés en 2010 par l'expert mondial John Curran, n’ont même jamais été présentés au public auparavant. On peut aussi y voir ses premières éditions, des livres portant sa dédicace, certaines de ses robes, un manteau ainsi que son service à thé. La collection privée de son petit-fils Mathew Prichard nous permet de découvrir sa fameuse machine à écrire, une Remington 1937, son dictaphone, ainsi que des objets évocateurs comme l'un de ses fauteuils, des lettres, des manuscrits, des éditions originales de ses romans, etc.

John Mallowan, son neveu par alliance, a de son côté prêté une caméra utilisée par Agatha Christie ainsi que des diapositives, des images et des photos prises par la romancière sur des chantiers de fouilles archéologiques lors de voyages en Mésopotamie avec Max Mallowan. Des objets précieux en lien avec l'archéologie ont été prêtés par le British Museum. Quelques-uns ont été trouvés lors de fouilles menées par son mari et auxquelles assistait Agatha Christie. Un bas-relief représentant un arbre sacré et un génie ailé, gravé dans la pierre du palais assyrien de Nimrud, des ivoires, des trésors d’Ur, soit une coiffe et des colliers en or et en lapis-lazuli, ainsi qu’un vase en calcite, une statue en albâtre, une figurine de pierre intitulée Eye Idols, et des tablettes d'écriture cunéiforme sont parmi les objets provenant du prestigieux musée anglais.

Le Metropolitan Museum of Art a prêté un relief de Nefertiti et d'Akhénaton, un buste d’Akhénaton ainsi que des tablettes d’écritures cunéiformes, et le Musée Royal de l’Ontario, des ivoires, un bas-relief représentant des archers assyriens, de nombreux sceaux cylindres, des vases et des tablettes cunéiformes.

Le Musée évoque également deux wagons de l'Orient-Express où l'on peut voir des artefacts comme un panneau décoratif signé par le grand verrier René Lalique, des lampes, un costume de contrôleur et de la vaisselle originale. Grâce à un collectionneur privé, Michel Cozic, la passion d'Agatha pour l'Orient-Express revit de belle manière. 

Archéologue vs détective
Agatha Christie s’est largement inspirée de l’univers de l’archéologie et de l’histoire pour l’écriture de plusieurs romans célèbres dont Meurtre en Mésopotamie, Rendez-vous à Bagdad, Rendez-vous avec la mort et La mort n’est pas une fin. Elle a d’ailleurs raconté son quotidien sur les chantiers de fouilles dans l’ouvrage Dis-moi comment tu vis (Come, Tell Me How You Live), aussi connu en français sous le titre de La romancière et l’archéologue. Agatha Christie a d’ailleurs écrit qu’un archéologue et un détective ont beaucoup en commun. L’un et l’autre doivent comprendre un événement, survenu récemment ou non, en se basant sur leur sens de l’observation, sur la découverte d’indices et la relation entre ceux-ci et aussi… sur la chance. Sur les traces d’Agatha Christie propose ainsi un étonnant voyage à travers des époques où de nombreux trésors du patrimoine de l’humanité ont été découverts et une rencontre avec une femme passionnée et allumée qui a inventé un nouveau genre littéraire, le roman policier historique.

Pour compléter cette exposition unique, le Musée et plusieurs partenaires présenteront une panoplie d’activités qui s’étendront jusqu’en avril 2016.

Le Musée a accueillli 108 521 visiteurs pendant la présentation de l'exposition, du 8 décembre 2015 au 17 avril 2016.