Fragments d’humanité. Archéologie du Québec

Du 13 février 2016 au 8 janvier 2017


Fragments d'humanité. Archéologie du Québec est la première grande exposition entièrement consacrée à l'archéologie québécoise. Quelque 350 pièces significatives y sont présentées pour célébrer 50 ans de découvertes archéologiques au Québec. 

La majorité des pièces sortent pour la toute première fois des grands tiroirs de la Réserve d'archéologie du ministère de la Culture et des Communications du Québec (MCC). Réalisée par Pointe-à-Callière, en collaboration avec le MCC, l’exposition présente aussi des objets en provenance d’une quinzaine d’autres prêteurs dont la Ville de Montréal, la Ville de Québec, Pointe-du-Buisson, musée d’archéologie québécoise, le Musée des Ursulines de Trois-Rivières, l’Institut culturel Avataq et Parcs Canada.

L’exposition ravive les événements et les modes de vie derrière des fragments d’humanité qui,  chacun à leur manière, révèlent diverses facettes de notre patrimoine. Tirés du sol, ces objets évoquent des histoires et, lorsque mis bout à bout, ces précieux indices matériels racontent ultimement notre histoire. L’exposition, qui met en valeur la richesse et la diversité des collections archéologiques québécoises, est divisée en quatre thématiques  liées à l'archéologie : une histoire millénaire ou l'archéologie préhistorique, une terre d’échange et de commerce, des chroniques du quotidien et l’archéologie subaquatique. 

À imaginer : une histoire millénaire

La première partie de l’exposition est consacrée à l’époque précédant l’arrivée des Européens sur le territoire québécois. Grâce aux découvertes archéologiques, il a en effet été possible de confirmer que des petits groupes d’hommes et de femmes foulaient déjà le sol québécois il y a 12 000 ans. Sans l’archéologie, tout ce pan de l’histoire du Québec serait demeuré inconnu et continuerait de susciter la curiosité.

À découvrir : une terre d’échange et de commerce

Le parcours suivant de l’exposition est consacré aux échanges entre Européens et Amérindiens et aux activités commerciales menées sur le territoire québécois dès le 16e siècle. Basques, Normands, Bretons et Français, attirés par les ressources naturelles comme les mammifères marins et la morue, ont établi des installations sur les rives du Saint-Laurent pour y exploiter les ressources. Les artefacts retrouvés dans les vestiges de dizaines de sites archéologiques mettent aussi en évidence la multiplication des lieux de commerce et le développement, dès le 17e siècle, d’industries locales. Les outils de pêche, munitions, armes, pièces de monnaie et autres objets de troc retrouvés sur les sites de postes de traite, de forts et des magasins du roi sont des exemples concrets de rencontre entre des peuples qui se sont apprivoisés et côtoyés dans l’échange… ou dans la concurrence. 

À déchiffrer : des chroniques du quotidien

Puis, le visiteur est amené à poser un regard sur la vie quotidienne aux 18e et 19e siècles et ainsi combler le vide laissé par les documents écrits. Trois angles sont abordés, soit l’alimentation et l’art de la table, l’hygiène et les jeux et jouets. L’observation des objets retrouvés permet une incursion dans l’intimité de nos ancêtres pour prendre la mesure des changements dans les mentalités, les pratiques et les modes. Par exemple, alors que les tablées chez les bourgeois de Québec au 18e siècle et chez ceux de Montréal au 19e siècle font étalage d’une abondance certaine, les pièces retrouvées dans les milieux plus modestes laissent deviner un menu plus simple où le potage est très populaire! 

Plusieurs articles d’hygiène retrouvés dans les vestiges, comme les pots de chambre, les peignes à poux, le plat à barbe, les brosses à dents, nous indiquent que la pratique de la toilette sèche était plutôt répandue : l’élite, bien que parée d’un habillement soigné, procédait au nettoyage sommaire des parties visibles du corps. Quantité de pots à remèdes,  de bouteilles d’alcool, d’eau minérale et de lait de magnésie ont été retrouvés et montrent que la fabrication de remèdes maison était une pratique populaire. Enfin, l’industrialisation au 19e siècle est bien perceptible à travers les jeux et jouets retrouvés principalement dans les milieux aisés.

À mettre au jour: des histoires englouties

L’archéologie subaquatique a sa place dans cette exposition où les vestiges provenant de cinq épaves sont exposés, soit le Elizabeth and Mary, le Machault, l’Auguste, l’Empress of Ireland et le Lady Sherbrooke. L’intérêt de l’archéologie subaquatique réside dans sa capacité à tirer des instantanés  du moment du naufrage et à faire ainsi revivre des drames bouleversants, au moyen d’une technique précise et d’une expertise reconnue pour récupérer, stabiliser et préserver le sens des artefacts engloutis. Parmi ceux-ci se trouvent des armes et munitions, des vêtements et chaussures, des bijoux et d’émouvants objets personnels rappelant la vie des hommes et femmes durant les mois passés à bord. 

Des objets exclusifs

Plusieurs des objets de l’exposition sont présentés pour la première fois au public. Certains ont même été restaurés expressément pour l’exposition, notamment des jarres retrouvées sur les sites basques de l’île Petit-Mécatina en Basse-Côte-Nord, et les objets liés à des rites funéraires amérindiens. Parmi ceux-ci se trouvent les offrandes accompagnant la première sépulture amérindienne mise au jour au Québec lors de la réfection du boulevard Champlain, à Sillery, en 1966. 

La pièce vedette de l’exposition est sans contredit une pirogue faite d’un seul morceau de bois qui a été retrouvée dans un lac des Laurentides au milieu des années 1980. Retrouvée par des plongeurs amateurs, cette pirogue datant du 15e siècle a dû faire l’objet de soins spécialisés pour être préservée et pour que soit évitée sa détérioration après 500 ans passés sous l’eau. Il subsiste seulement une dizaine de pirogues amérindiennes préhistoriques au Québec, mais aucune n’est en aussi bon état que celle qui est exposée à Pointe-à-Callière.

Fragments d’humanité. Archéologie du Québec est une exposition réalisée par  Pointe-à-Callière, en collaboration avec le ministère de la Culture et des Communications. Cette exposition est financée par le gouvernement du Canada. Le Musée remercie également ses commanditaires, l'Hôtel InterContinental et La Presse.