Les Symphonies portuaires : hommage à la Reine du crime

Du 21 février au 6 mars 2016

Sur la place Royale et aux abords du Musée
Les dimanches 21 février et 6 mars à 14 h
Gratuit

Pour sa 22e édition, les Symphonies portuaires de Pointe-à-Callière rendent hommage à la Reine du crime, Agatha Christie puisque le Musée présente depuis décembre dernier l'exposition inédite Sur les traces d'Agatha Christie. Scott Thomson, compositeur et tromboniste, mènera ce concert unique en plein air où trains, bateaux amarrés dans le Vieux-Port, cloches de la basilique Notre-Dame et autres instruments urbains uniront leurs sons pour créer une œuvre musicale contemporaine originale tout à fait inhabituelle. L’œuvre de Scott Thomson sera présentée en plein air à deux occasions, les dimanches 21 février et 6 mars à compter de 14 h, à partir de la place Royale dans le Vieux-Montréal, tout à coté du Musée.

Une symphonie intrigante…
Le compositeur Scott Thomson s’est donné pour défi de respecter la stylistique de tout bon roman policier qui se doit de contenir mystère et résolution. La symphonie intitulée Muses et Mystères intègrera des sonorités parfois intrigantes, mais aussi harmonieuses. En première partie de la Symphonie, Cornemuses et tambours de Montréal offrira un court concert à compter de 14 h. Si la symphonie donne envie de faire un saut dans l’univers d’Agatha Christie, l’occasion sera idéale pour visiter l’exposition Sur les traces d’Agatha Christie.

Scott Thomson, improvisateur né
Compositeur et tromboniste, Scott Thomson joue au sein de plusieurs groupes réputés dans la région de Montréal et de Toronto et prend plaisir à explorer divers styles musicaux. Sa passion pour l’improvisation lui a permis au fil des ans de rencontrer des gens créatifs et de cofonder et diriger l’Association of Improvising Musicians Toronto (aimToronto). De 2007 à 2010, M. Thomson a été le directeur artistique de Somewhere There un espace réservé à la  musique « Creative Live » à Toronto qui a accueilli 850 concerts. Une série d’œuvres de genre « composition cartographique » a été réalisée pour des musiciens et des auditoires divers dans des contextes de performances non conventionnels, y compris, notamment, pour le Musée des beaux-arts du Canada, le Musée des beaux-arts de l’Ontario, et le parc national du Bic. En 2014, il a participé à une tournée canadienne de 40 performances à travers neuf provinces.

Saviez-vous que…
-Chaque Symphonie portuaire requiert la participation d’une trentaine d’étudiants en musique pour actionner les sirènes sur les bateaux et les trains?
-Les Symphonies portuaires sont créées à partir des sirènes des bateaux hivernant dans le Port de Montréal et pris dans la glace de janvier à la mi-mars chaque année?
-Les compositeurs doivent visiter les bateaux en janvier, puis composer leur pièce en tenant compte des sonorités propres aux bateaux présents dans le Port, ce qui constitue un matériel musical inusité. De plus, la localisation particulière des bateaux permet des explorations musicales où l’on retrouve des sons proches et des sons lointains, permettant un large éventail de nuances.

Comment se compose une Symphonie portuaire?
Le son d'une sirène de bateau est en soi riche, attrayant, inusité et différent d'un navire à l'autre. La partition d'une Symphonie portuaire n'est pas écrite pour un instrument spécifique, mais plutôt en vue de créer un effet d'ensemble. À Montréal, nous utilisons principalement les laquiers, bateaux de transport de marchandises sur la voie maritime du Saint-Laurent et des Grands Lacs, qui sont amarrés pour la saison des glaces.

Les compositeurs des Symphonies portuaires de Pointe-à-Callière doivent visiter les bateaux dès le début du mois de janvier pour identifier les sons dont ils disposeront pour la composition de leur œuvre. Considérant d’abord l’emplacement de ces « instruments », ils composent ensuite une œuvre qui reflètera la variation des sons en rapport avec la distance des bateaux entre eux et la distance entre ceux-ci et le Musée. En plus des possibilités musicales des bateaux s'ajoutent le sifflet d'une ou deux locomotives et, certaines années, les cloches de la basilique Notre-Dame. La pièce musicale est alors composée en fonction des distances entre les instruments, des effets d'éloignement et d'écho et des lieux de diffusion et d'écoute. L'espace acoustique doit être considéré comme un élément central puisque le lieu d'ancrage de chaque bateau influe sur la puissance de sa sirène. La distance utilisée dans le port de Montréal est d'environ un kilomètre de l'est à l'ouest. Ainsi, le chant d'une sirène peut être repris en force par des bateaux plus éloignés pour créer un équilibre entre le chœur et l'instrument solo. En fait, c'est le principe d'organisation d'un orchestre, mais avec des instruments non conventionnels. Chaque Symphonie portuaire requiert la participation d’une trentaine de bénévoles pour actionner les sirènes des bateaux.

L'expérience d'une Symphonie portuaire est unique. La pièce est très sensible aux éléments et variera en fonction du vent, de la pluie, de la neige, de la température, de l'humidité et du brouillard qui tous influent sur les sonorités des sirènes. De plus, comme le lieu d'écoute est vaste, on peut entendre la même symphonie à différents endroits et la percevoir de façon totalement différente selon que l'on soit à Pointe-à-Callière, sur les Quais du Vieux-Port ou ailleurs dans le Vieux-Montréal.

Origines des Symphonies portuaires
C'est à l’hiver 1995 que Pointe-à-Callière présentait pour la première fois deux Symphonies portuaires. La toute première a été jouée le 8 février 1995 lors de l’ouverture de l’exposition temporaire Le Port de Pierre Bourgault, Gilles Vigneault et Helmut Lipsky. La pièce des compositeurs terre-neuviens Don Wherry et Paul Steffler s’intitulait Ballycatters and Growlers. La deuxième, La Valse des sirènes, a été composée par Helmut Lipsky et jouée le 11 mars suivant. La radio de Radio-Canada a collaboré à faire connaître l'événement pendant de nombreuses années par la diffusion des Symphonies portuaires en direct. Radio-Canada a été un partenaire important dans le projet grâce au travail de la réalisatrice du Navire « Night » Hélène Prévost, tant au niveau de l’orientation esthétique, du choix des compositeurs, que de la promotion et de la diffusion de l’œuvre. Pointe-à-Callière a créé Les Symphonies portuaires durant la saison hivernale afin de réveiller le port en dormance, d’animer le quartier historique du Vieux-Montréal et de créer un événement hors du commun pour les Montréalais. Depuis 1995, plusieurs compositeurs ont contribué à enrichir l’album des Symphonies portuaires. Mentionnons, entre autres, Walter Boudreau, Michel Frigon, Diane Labrosse, Gilles Tremblay, Jean Derome et Guido Del Fabbro.


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