Site archéologique et école de fouilles

La pointe à Callière

En fouillant le sous-sol de la pointe à Callière, les archéologues ont mis au jour un site historique irremplaçable. Grâce à leurs recherches, ils ont pu identifier les grandes périodes d'occupation du lieu situé entre la petite rivière Saint-Pierre et le fleuve Saint-Laurent.

L’époque amérindienne

Vers le 14e siècle, le site a été occupé par des Amérindiens aux abords de la petite rivière Saint-Pierre. Lieu de débarquement et d'accostage, on y pratiquait principalement la pêche.

La période française

Cette période débute avec l'arrivée des fondateurs de Montréal en 1642 et la construction du fort Ville-Marie. Dans le sous-sol de l’édifice principal (Éperon), on découvre les traces du premier cimetière catholique, dont l'aménagement, en 1643, est lié à celui du fort Ville-Marie. Sa période d'utilisation s'étend probablement jusqu'en 1654. Ni Maisonneuve, ni Jeanne Mance y sont enterrés, mais des Français et des Amérindiens du tout début de la colonie française y gisent.

Le sous-sol révèle aussi des vestiges du Régime anglais, dont ceux des bâtiments construits par le tonnelier André Papineau, en 1796; un entrepôt édifié par Pierre Berthelet, en 1816; et les fondations de l'imposant édifice de la Royal Insurance Company, dont la construction date de 1861. Ce bâtiment a été démoli en 1951. Un stationnement, puis un parc ont ensuite été aménagés sur ce terrain vacant.

La période contemporaine

Entre 1832 et 1838, la petite rivière Saint-Pierre est canalisée en sous-sol dans un égout imposant. Cette construction, en pierre de taille, constitue le plus ancien collecteur d'eaux usées de Montréal. Il est demeuré en usage jusqu'en 1989. Il s'agissait pour l'époque d'un important ouvrage de génie civil. Le Musée projette de le rendre accessible au public depuis la section mise en valeur dans le Musée jusqu'à la rue McGill, quelque 800 mètres plus loin. C'est en 1989 que les premières fouilles archéologiques sur le site de la pointe à Callière ont été entreprises par la Société du Vieux-Port de Montréal. Le Musée a été inauguré sur ce site en 1992 pour la commémoration du 350e anniversaire de la fondation de Montréal.

La crypte archéologique

En 1989, dans le cadre de l’entente liant le ministère des Affaires culturelles du Québec et la Ville de Montréal, des fouilles archéologiques sont entreprises à la place Royale. Sous cette place se trouve une crypte archéologique où se dressent des vestiges d’ouvrages érigés au cours des siècles par des maçons et hommes de métier. La superposition de ces vestiges en un seul lieu est, en quelque sorte, un condensé de l’histoire de la ville.

On peut, entre autres, y voir :
  • les traces des pieux de la palissade (1684) et celles du premier corps de garde (1698)
  • les pierres des fortifications de la ville (18e siècle) et du bâtiment d’Étienne Rochbert
  • la rue pavée de la fin du 18e siècle, les murs de la maison Baby-Bagg (1767) et ceux de l’auberge Würtele (1802)
  • la base d’une fontaine et tout autour, les fondations du muret qui clôturait le square de la Douane vers 1860
  • le socle en ciment sur lequel, dans les années 1940, prenait place un monument à la mémoire des premiers Montréalais

L'archéologie et la sécurité

Un nouveau guide de sensibilisation en matière de santé et de sécurité pour les travaux en archéologie au Québec a été réalisé avec la participation de la Direction du patrimoine et de la muséologie du ministère de la Culture et des Communications et l’Association des archéologues du Québec (AAQ). Le guide, intitulé L’archéologie et la sécurité, constitue une première. Les archéologues sont nombreux à opérer dans toutes sortes de milieux, comme les chantiers de construction, certains sites urbains complexes et profonds, en régions éloignées et même en milieu subaquatique. Ce guide a été réalisé dans le but de sensibiliser tous les travailleurs en archéologie, autant au moment de la planification des activités que pendant le déroulement des travaux archéologiques sur le terrain.

Consulter le guide L’archéologie et la sécurité