Complexe muséal

Ses bâtiments et ses structures

Comme tout sol archéologique, Pointe-à-Callière s'explore suivant un parcours à la fois vertical et horizontal, jalonné par des vestiges laissés par les siècles. Pointe-à-Callière se déploie ainsi en six bâtiments et structures : l’Éperon, la place Royale et la crypte archéologique, l’Ancienne-Douane, la Maison-des-Marins, la Station de pompage D’Youville et l’École de fouilles archéologiques.

1. L'Éperon

Marquant l'entrée du Musée, l'Éperon est un bâtiment à l'architecture inspirante, élevé sur les fondations de son prédécesseur – l’édifice de la Royal Insurance Company. Comme celui-ci, il possède une forme triangulaire et une tour, qui domine le port de Montréal. L'Éperon abrite les services d'accueil, la salle multimédia Hydro-Québec, une salle d’expositions temporaires, un restaurant et, en sous-sol, une partie de l’exposition permanente Ici naquit Montréal.

2. La place Royale et la crypte archéologique

La place Royale a livré, lors des recherches archéologiques et historiques des vestiges fascinants relatant la vie quotidienne des Amérindiens et des Montréalais. La crypte archéologique, quant à elle, se trouve sous la place Royale et relie, en sous-sol, l’Éperon et l’Ancienne-Douane et maintenant la Maison-des-Marins. Les vestiges archéologiques et artefacts abrités dans la crypte font partie de l’exposition permanente Ici naquit Montréal.

3. L'Ancienne-Douane

Oeuvre de l’architecte John Ostell, cet édifice a été érigé entre 1836 et 1837 pour loger la douane de Montréal. Agrandie en 1881, l’Ancienne-Douane accueillera à la fin de l'automne 2013 l'exposition permanente Pirates ou corsaires?  L'ancienne maison de la Douane compte parmi les premiers éléments architecturaux à témoigner de la presence britannique à Montréal.

4. La Maison-des-Marins – Pavillon Banque Nationale

La Maison-des-Marins, situé au 165 place D’Youville, vient tout juste de subir une réhabilitation spectaculaire. Dans le cadre du projet d’expansion de Pointe-à-Callière, l'immeuble a été inauguré le 6 mars 2013. On y trouve maintenant de nouvelles salles d'expositions, divers espaces disponibles en location, la Boutique du Musée et les nouveaux espaces de la Fondation, incluant un salon réservé aux Membres.


5. La Station de pompage D’Youville

Transformée en lieu d’interprétation, la Station de pompage D’Youville, située au 173, place D’Youville (à quelques pas de l’Éperon), est la première station de pompage des eaux usées de Montréal à fonctionner à l’électricité. Avec l’allure néo-classique de sa façade et sa belle brique écossaise, la station représente un pas important dans l’évolution technologique et civique de la ville au 20e siècle.

6. L’École de fouilles archéologiques

En janvier 2000, Pointe-à-Callière a fait l’acquisition de la propriété sise au 214, place D’Youville. Situé à proximité de l’Éperon, l’édifice a été construit au 19e siècle sur une partie du lieu de fondation de Montréal. Depuis 2002, s'y trouve l’École de fouilles archéologiques de Pointe-à-Callière. Le Musée mène des recherches qui ont permis de retrouver les vestiges du château de Callière et du fort de Ville-Marie.


Son architecture

Construire aujourd’hui, sur hier et pour demain

L'Éperon

La mémoire nous permet de garder le souvenir du passé et de nous rappeler les événements qui ont marqué la fondation de Montréal. Afin de respecter cette mémoire, les architectes ont veillé à ce que l’Éperon s'ancre dans le contexte architectural existant. Bel exemple d’intégration aux bâtiments anciens, son architecture contemporaine retrouve les proportions de l’ancien bâtiment de la Royal Insurance Company qui occupait précédemment le site.

L’Éperon s’intègre aux façades des autres immeubles bâtis le long de la rue de la Commune pour créer une continuité visuelle. Il s’intègre au quartier historique en respectant la ligne des toits. La proportion des pleins et des vides et l’effet de transparence rendu par la fenestration mettent en valeur l’environnement patrimonial qui l’accueille.

Par sa structure caractéristique et aisément repérable, la tour de l’Éperon devient le point de mire de cet ensemble de bâtiments.

« Bâtir et préserver en même temps : tel était le défi, à la fois contraignant et stimulant que nous avions à relever », nous confie l’architecte Dan S. Hanganu.

L’Éperon, bâtiment contemporain, est un ouvrage de maçonnerie édifié au-dessus des vestiges souterrains, et l’intervention contemporaine est clairement identifiée. Il repose sur un système complexe de pieux qui pénètrent jusqu’au roc. L’Éperon est « posé » sur le terrain de manière à préserver les vestiges archéologiques, mais aussi de manière à permettre de futures fouilles.

À divers endroits, des percées ménagées dans les murs permettent aux visiteurs d’observer les vestiges sur lesquels le nouveau bâtiment a été construit. Dans l’Éperon, le passé et le présent se côtoient avec harmonie.

La Maison-des-Marins - Pavillon Banque Nationale

La Maison-des-Marins a été réhabilité par Dan S. Hanganu et Provencher Roy + Associés Architectes, le même consortium qui a réalisé l’Éperon – le bâtiment principal du Musée – ainsi que la crypte archéologique située sous la place Royale.

Les architectes ont choisi de faire du cinquième pavillon de Pointe-à-Callière un projet contemporain teinté d’urbanité qui marque la continuité et l’unité avec l'Éperon du Musée créé en 1992.

La façade donnant sur la place d’Youville comporte un mur de verre s’élevant sur deux étages en façade qui confère au bâtiment une luminosité exceptionnelle et une transparence qui incite à découvrir ce nouvel espace.

Le hall d'accueil s'ouvre sur un escalier monumental agrémenté d’une œuvre d’art originale réalisée par l'artiste montréalais Nicolas Baier et une installation multimédia conçue par la firme montréalaise Moment Factory. Les niveaux 3 et 4 du pavillon offrent également des espaces dont la fenestration offre une vue majestueuse sur le Vieux-Port, le fleuve Saint-Laurent et le Vieux-Montréal.  

Les architectes ont conçu ce nouveau pavillon pour qu’il soit accessible de jour, visible de soir et agréable à visiter et à fréquenter à longueur d’année.

L'Ancienne-Douane

Les architectes LeMoyne Lapointe Magne ont traité l’Ancienne-Douane comme un monument. Ils ont conservé intactes l’enveloppe et les ouvertures, pour se concentrer sur l’aménagement de l’intérieur.

L’Ancienne-Douane côtoie les assises des bâtiments disparus et les vestiges des premières fortifications de Montréal. Bâtie en 1836 par l’architecte John Ostell, la Douane était à l’origine de forme carrée. En 1881, on l’agrandi en déplaçant la façade de quelques mètres vers la rue de la Commune. On a un aperçu de cet élargissement lorsque l’on circule dans le sous-sol de cet édifice.

Outre son style architectural palladien, ce bâtiment ancien se caractérise par des textures, des finis, des patines et des qualités de construction que les travaux de restauration ont su respecter.

Partir d’un acquis inspirant et le rehausser, c'est innover certes, mais dans la continuité.

Ici l’architecte a misé sur la transparence : préserver les charpentes existantes, les dévoiler et ne rien cacher. Tous les systèmes modernes et complexes de chauffage, de ventilation, d’électricité, de contrôle d’humidité et de prévention d’incendie sont intégrés et logés au grenier de l’Ancienne-Douane.

Les architectes ont rénové le bâtiment en respectant son caractère historique et en l’adaptant aux besoins actuels de la muséologie.

Tiré de : Pointe-à-Callière, toute une expérience. / [rédacteur, Marc Boudreau ; collaboration, Nicole M. Boisvert... et al.]. pp. 30-35

Les architectes et les prix de reconnaissance

Architecte principal, Éperon et crypte archéologique : Dan S. Hanganu / Provencher Roy, architectes

Architecte-conseil, Ancienne-Douane : Lemoyne Lapointe Magne, architectes et urbanistes

  • Prix du Gouverneur Général pour l’architecture, Dan S. Hanganu et Provencher Roy, architectes, médaille remise à Pointe-à-Callière, 1994
  • Grand Prix de l’Ordre des architectes du Québec, remis à Dan S. Hanganu et Provencher Roy, Architectes, pour la réalisation de l’Éperon et de la crypte de Pointe-à Callière, 1993
  • Prix Orange, décerné par l’organisme Sauvons Montréal, pour l’architecture de l’Éperon et pour l’insertion réussie d’un bâtiment en milieu urbain, 1992
  • Certificat d’excellence, décerné par l’Événement Design graphique, pour l’Ancienne-Douane, dans la catégorie Design environnemental, 1992

Fiche technique


Nom Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal
Image visuelle
Références géographiques (pointe, contour ondulé des berges), architecturales (volumétrie triangulaire de l'Éperon, tour et ascenseur) et muséologiques (stratigraphie; verticalité).
Date d'ouverture 17 mai 1992 (dans le cadre des fêtes du 350e anniversaire de Montréal).
Fréquentation annuelle moyenne Plus de 400 000 visiteurs, de tout âge et de toute provenance.
Superficie du Musée 14 417 m2 (superficie d'exposition : 6 720 m2)
Thématique Montréal, carrefour d'échanges et de commerce
Expositions 4 permanentes et 3 expositions temporaires par année
Maître d'ouvrage Ville de Montréal
Maître d'oeuvre Société immobilière du patrimoine architectural de Montréal (SIMPA)
Partenaires Communications Canada
Bureau fédéral de développement régional (Québec)
Ministère des Affaires culturelles du Québec
Ville de Montréal
Gestion du projet Directrice: Francine Lelièvre, Processus inc.
Chargé de projet, architecture: Yves Roy
Chargée de projet, recherche/muséologie: Sylvie Dufresne
Architecte principal Dan S. Hanganu/Provencher Roy
Architecte-conseil Lemoyne Lapointe Magne Architectes et Urbanistes (Ancienne-Douane)
Ingénieurs en structure et génie civil Nicolet Chartrand Knoll ltée
Ingénieurs en mécanique et électricité Liboiron Roy Caron & Associés inc.
Entrepreneurs Construction Fitzpatrick Canada ltée
Construction Canvar
Les entreprises Véral inc.
Les fondations Géodex inc.
Recherche historique Raymond Montpetit, coordonnateur
Paul-André Linteau, historien
Jean-Claude Marsan, architecte et urbaniste
Jacques Mathieu, historien;
et leurs équipes
Recherche archéologique et chantiers de fouilles Ville de Montréal
Société du Vieux-Port de Montréal
Arkéos
Arkhis
Ethnoscop
Groupe de recherche en histoire du Québec
Société d'archéologie et de numismatique de Montréal (S.A.N.M.)
Financement Coût du projet : 27 500 000 $
Gouvernement du Canada : 12 000 000 $
Gouvernement du Québec : 9 000 000 $
Ville de Montréal : 6 500 000 $
Maison-des-marins - Pavillon Banque Nationale

Fiche technique